Les utilisateurs des iSeries bénéficient de la technologie la plus innovante d’IBM


Il ne faut pas parler de technologie aux utilisateurs des iSeries : ils y sont allergiques car ils s’intéressent avant tout à des solutions complètes sans se préoccuper de leurs composants. En pratique, comme IBM est un fournisseur de technologie, les clients se procurent des solutions intégrées auprès des partenaires d’IBM. Mais pour comprendre pourquoi les iSeries peuvent se faire oublier, je vais bien être obligé de parler de technologie.

L’omniprésence des processeurs dans tous les appareils de la vie courante, des voitures aux téléphones portables en passant par les appareils ménagers témoigne de leur miniaturisation et de leur puissance toujours plus importantes. Pendant plus de 30 ans, cette évolution exponentielle a suivi la « loi de Moore » qui prédit le doublement du nombre de transistors sur une puce tous les 18 mois environ. Cette diminution de taille des composants entraîne une diminution de la distance parcourue par le courant et donc une augmentation de la fréquence des processeurs. Mais depuis peu, la loi de Moore ne s’applique plus. En effet, en dessous d’une certaine taille, la « porte », composant électronique chargé de faire passer ou d’arrêter le courant, ne fonctionne plus correctement. La chaleur dégagée par les puces rapides les plus récentes produit des effets indésirables. Le besoin de refroidissement a augmenté mais les solutions existantes ne répondent plus au problème.

Ainsi Intel avait annoncé des Pentium cadencés à 4,7 GHz mais n’a pu les livrer. Certains modèles cadencés à 4 GHz livrés aux constructeurs ont même été rappelés. Quant aux processeurs cadencés à 10 GHz, ils n’ont pas été fabriqués. Alors que le fondeur travaille toujours à la miniaturisation de la gravure des transistors sur une puce (on en est à 65 nanomètres en 2005), la vitesse des processeurs n’est plus mise en avant comme facteur essentiel de la performance des processeurs.

La stratégie d’IBM dans la technologie des processeurs
De son côté IBM, travaille depuis 2001 dans une direction différente avec les processeurs de la gamme Power. Ceux-ci n’ont jamais affiché de cadence équivalente à celle des processeurs d’Intel : le Power4 est à 1,3 GHz, le Power5 à 1,65 GHz. Cela paraît lent mais l’efficacité de ces processeurs ne dépend pas seulement de ce seul facteur. Elle repose à la fois sur la technologie du double cœur (une puce comprend deux processeurs) et sur une gestion fine et optimisée de la consommation des processeurs.

Le principe est équivalent au comportement d’un conducteur de véhicule à l’approche d’un feu rouge. Les processeurs traditionnels se comportent comme un conducteur qui accélère à fond et qui freine brusquement au dernier moment. La consommation d’énergie est considérable. Si le conducteur ralentit bien avant le feu rouge, il économise de l’énergie et donc de la chaleur. Les processeurs Power d’IBM appliquent ce principe : ils ont besoin d’une tension inférieure à celle que nécessitent les processeurs traditionnels.

La technologie des processeurs Power continue à évoluer. Au Power5 annoncé en 2004, va succéder le Power5 + dans le courant de 2005. Quant au Power6, il devrait être annoncé au début de 2007. Avec plus de 100 millions de transistors, les puces Power offrent une redondance complète. Toutes les instructions sont exécutées deux fois et comparées, ce qui garantit la fiabilité. Il est bien connu que les iSeries ne tombent jamais en panne ! Une machine comportant 64 processeurs Power5 s’est classée comme la plus puissante au monde alors que les iSeries sont considérées comme des machines de milieu de gamme. Mais comme une telle machine est plus puissante que le plus puissant des mainframes IBM, ceux-ci vont adopter la technologie Power dans les 2 ans. IBM a 2 à 3 ans d’avance sur Intel.

La politique commerciale d’IBM
IBM a toujours partagé cette technologie avec les autres acteurs du monde informatique car c’est indispensable pour la rentabilité de l’investissement. En effet, l’équipement de production pour un nouveau processeur coûte 2 milliards de dollars et sa durée de vie est de 3 ans. La seule production des Power5 ne peut le rentabiliser. Il faut trouver le débouché le plus large possible. Historiquement, l’un des premiers utilisateurs a été Apple : la puce G5 est basée sur la technologie PowerPC, sous-ensemble de la technologie Power. La télévision haute définition a déjà choisi de s’appuyer sur les processeurs Power. Les équipements automobiles peuvent aussi représenter une bonne piste.

Le problème du coût des processeurs se pose à tous les constructeurs. Beaucoup abandonnent leurs processeurs. À côté des poids lourds que sont Intel et son concurrent AMD, Hewlett-Packard fabrique ses PA-Risc (avec la collaboration d’IBM). Mais pour combien de temps ? De son côté, Sun est maintenant très associé à Fujitsu pour ses processeurs Sparc. Mais Sun pense porter son système d’exploitation Solaris sur Power. Bien que ces sociétés soient des concurrents directs, elles sont souvent déjà fournisseurs les unes des autres (IBM fournit des pièces à Sun).

Il est clair que d’autres sociétés vont bientôt adopter les processeurs Power. C’est le domaine des jeux vidéo qui offre les débouchés les plus prometteurs à cause de ses énormes besoins de performance. IBM, Sony et Toshiba se sont associés pour fabriquer pour les consoles Sony une nouvelle puce basée sur Power5 avec 8 processeurs spéciaux pour la vidéo. On retrouve la notion des IOP, processeurs spécialisés d’entrée-sortie, fabriqués chez IBM à Rochester. Ce nouveau processeur sera 1000 fois plus puissant que le processeur utilisé actuellement dans les consoles Sony. De son côté, Nintendo utilise déjà les processeurs Power. Quant à Microsoft, son association avec Intel est bien connue. La production de la Xbox a confirmé cette fidélité. Mais la nouvelle génération de Xbox pourrait changer la donne. La Xbox deviendra un serveur domestique qui gère les fonctions d’une maison ou d’un appartement : chaleur, lumière, multimédia, applications variées. Les prototypes construits pour les développeurs contiennent des Power5 triple cœur sur lesquels Windows a été porté. Des discussions sur ce sujet sont en cours entre IBM et Microsoft et je crois qu’un accord se fera dans ce domaine*.

La large diffusion de la technologie Power va faire apparaître de nouveaux acteurs sur le marché. Des sociétés pourraient même bientôt vendre des iSeries avec OS/400-i5/OS. Les utilisateurs des iSeries ont bien raison de ne pas s’inquiéter de la technologie !

* Prévision confirmée par les annonces récentes


Frank Soltis, IBM, Systems et Technology Group, iSeries, Chief Scientist
Synthèse réalisée par René Beretz à partir de l’exposé prononcé par Frank Soltis le 11 mai 2005 à Paris lors d’une manifestation organisée par ACMI.
www.acmi.fr

 



 

 

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