Coup
de pouce à la modernisation
L’AS/400 a fêté
en juin dernier son 17e anniversaire. Dans l’univers des
serveurs informatiques, cet âge n’est pas celui
d’un adolescent mais plutôt d’un vétéran.
C’est pourquoi ses applications, à la fois éprouvées
par le temps et sophistiquées, doivent également
être modernisées, tout comme IBM lui-même
l’a fait avec ses nouveaux modèles i5 en ce qui
concerne la plate-forme matérielle.
Les AS/400 ou iSeries sont à juste titre
considérés comme la poule aux œufs d’or
de l’offre eServer d’IBM. Qu’il s’agisse
de fiabilité, de sécurité ou de facilité
de mise en œuvre, les utilisateurs sont convaincus des
qualités de ces systèmes. On estime à 475
000 le parc de machines de ce type à travers le monde,
installées dans 272 000 entreprises principalement de
taille moyenne, n’ayant pas de grand service informatique
à leur disposition.
Deux ombres au tableau viennent ternir l’image de ce modèle
à succès qui, selon IBM, s’est vendu à
800 000 exemplaires au cours des années. D’une
part, certains clients se considèrent invariablement
comme des « vaches à lait » en raison des
coûts élevés qu’ils supportent par
comparaison aux systèmes Windows ou Linux. D’autre
part, les logiciels restent à l’écart du
niveau élevé d’améliorations continuelles
dont bénéficie la plate-forme matérielle.
Après des années de réussite sur le marché,
ces deux aspects se traduisent par une stagnation voire un recul
des ventes et des parts de marché des systèmes
iSeries.
Un renouvellement fondamental est aujourd’hui en cours,
souligne Peter Bingaman, responsable depuis novembre dernier
du marketing international des produits iSeries. Dans ce but,
IBM a lancé le 25 février son « Initiative
iSeries pour l'innovation », un vaste programme marketing
dans le cadre duquel la société prévoit
d’investir jusqu’à un milliard de dollars
dans le développement de sa collaboration avec les éditeurs
de logiciels et d’outils. Dans ce contexte, IBM compte
actuellement trois programmes différents pour assister
ses partenaires éditeurs de logiciels et d’outils
dans la modernisation et le marketing de leurs produits.
« Cette initiative est un signal clair de notre volonté
de conquérir résolument des parts de marché
avec les systèmes iSeries », commente Peter Bingaman,
qui a à son actif le succès du programme Express
au sein d’IBM Software Group. À peine 90 jours
après le lancement de l’initiative, 170 nouvelles
applications partenaires iSeries avaient déjà
été enregistrées. À ce jour, ce
sont au total 6400 applications métiers de ce type qui
sont disponibles à travers le monde.
Faisant partie intégrante de la nouvelle initiative iSeries,
le programme Developers Roadmap définit les futurs développements
planifiés pour cette plate-forme. En place depuis quelque
temps déjà, il se limitait jusque-là exclusivement
aux produits IBM et prévoyait une migration sans compromis
vers Java et WebSphere. Or la situation a radicalement changé.
Le programme IBM Developers Roadmap recommande désormais,
outre une bonne douzaine de produits maison, plus de 150 outils
sélectionnés provenant d’environ 80 éditeurs
de logiciels indépendants. L’objectif est de déployer
des technologies innovantes telles que les RFID, l’informatique
diffuse, les portails ou la personnalisation des postes de travail
via des applications iSeries, ainsi qu’à gagner
en souplesse par l’intégration de technologies
comme RPG, Java, Cobol ou Microsoft .NET, ainsi que de plates-formes
comme i5/OS, Linux, AIX et Windows.
Du fait qu’IBM s’est longtemps focalisé sur
des produits plus coûteux et de nouvelles technologies
à l’image de WebSphere et Java plutôt que
sur la modernisation de sa plate-forme iSeries, d’autres
fabricants ont saisi cette opportunité pour proposer
des produits attractifs destinés aux utilisateurs iSeries
eux-mêmes. Le produit le plus pertinent à l’heure
actuelle est sans doute signé Microsoft. En effet, à
la fin de l’an passé, le numéro un mondial
du logiciel a lancé son programme MAP (Midrange Alliance
Program) aux côtés de plusieurs grands noms du
matériel et du logiciel ainsi que de prestataires de
services informatiques.
Le groupe ciblé comprend les utilisateurs iSeries en
quête d’une alternative dans l’univers Windows
à la stratégie IBM de modernisation iSeries. Microsoft
avance également que de nombreux éditeurs ont
cessé tout développement pour OS/400, rendant
ainsi une migration inévitable pour un grand nombre de
clients à plus ou moins long terme. En outre, Microsoft
affirme que maints programmeurs RPG partent à la retraite
sans laisser derrière eux de successeurs compétents,
ce qui pourrait poser un sérieux problème.
Microsoft a donc déjà fait un pas dans cette direction
avec son objectif MAP et préconise à présent
une prudente stratégie de coexistence tablant sur une
extension et une modernisation judicieuses des systèmes
applicatifs OS/400 avec l’aide du framework .NET, par
opposition au remplacement global, coûteux et risqué,
des machines IBM par des ordinateurs Windows. IBM ayant dans
le même temps fini par redécouvrir les charmes
de RPG (le langage de programmation des minis que préfèrent
clairement les utilisateurs iSeries en raison de son succès
et de son emploi très répandu), les développeurs
souhaitant continuer à travailler avec RPG peuvent moderniser
leurs applications classiques en s’appuyant sur les stratégies
des deux leaders du marché.
La modernisation n’est pas seulement précieuse
en vue de la mise en œuvre de nouvelles possibilités
technologiques. Le simple fait de pouvoir se passer dans une
large mesure des performances du 5250 peut la rendre payante.
C’est ce que les analystes de Gartner, par exemple, ont
déterminé dans une étude récente
consacrée à la technologie et à la position
sur le marché du serveur i5 à processeur Power5.
Gartner estime que seuls les systèmes i5 de milieu et
de haut de gamme sont financièrement avantageux, tandis
que les modèles d’entrée de gamme sont considérablement
plus onéreux que les solutions Windows. En outre, les
analystes déplorent le surcoût substantiel des
éditions Enterprise, la forte nécessité
de moderniser la plupart des applications 5250 et l’engagement
limité des éditeurs de logiciels en faveur d’i5/OS.
« Les utilisateurs iSeries doivent profiter de cette occasion
pour réduire leur dépendance vis-à-vis
des applications 5250 et pouvoir exploiter les éditions
i5 Standard plus économiques », explique Ian Brown.
Les utilisateurs prudents pourront donc continuer à travailler
avec leurs applications fiables en bénéficiant
longtemps encore des avantages de la plate-forme, sans avoir
à consentir d’importants investissements. 80 %
des systèmes iSeries sont pourtant vendus en version
Enterprise Edition. Cette proportion pourrait être réduite
grâce à des outils élaborés qui facilitent
considérablement la migration vers l’Edition Standard.
Berthold Wesseler
www.pks-France.com