La
gestion du paramétrage des applications.
La tendance est toujours aussi lourde
: les entreprises adoptent de plus en plus de progiciels standards
du marché au sein de leurs systèmes d’informations.
La période de fortes mutations technologiques que nous
rencontrons aujourd’hui favorise encore cette tendance.
Or qui dit progiciel, dit paramétrages en tous genre.
Ce qui fait la différence d’un éditeur,
c’est bien souvent cette capacité de paramétrage
qui lui permet d’élargir toujours plus son marché.
Seulement voilà, cette personnalisation a un coût
non négligeable pour le client. Que ce soit en phase
d’implémentation, cela va de soi, mais aussi pendant
toute la durée de vie de l’application, le client
doit sans cesse adapter son paramétrage à la fois
face aux évolutions de son progiciel, mais aussi de sa
propre organisation. Autrefois, sur un développement
interne spécifique, on demandait des adaptations au développeur.
A présent, on demande un changement de paramétrage
à la MOA ( Maîtrise d’ouvrage ). La problématique
de gestion du changement est ainsi en train de muter naturellement
d’une gestion du code vers une gestion du paramétrage.
Ces adaptations nécessaires
ont non seulement un coût, mais elles doivent être
réalisées dans des conditions de sécurité
maximale. Une simple erreur de paramétrage peut avoir
des conséquences désastreuses sur les données
de l’entreprise. Il est impératif pour une entreprise
qui veut se prémunir de ce risque de consolider son organisation
dans la gestion du changement.
Les techniques à
mettre en œuvre pour la mise en place de cette organisation
rigoureuse sont quasi identiques à celles que l’on
utilise pour la maintenance de code. Elles passent tout d’abord
par la mise en oeuvre d’environnements de test séparés.
Les changements pourront ainsi faire l’objet de phases
de tests utilisateurs importantes afin de garantir que les résultats
attendus sont conformes. Une copie de tout ou partie des données
de l’environnement de production seront très utiles
pour se mettre dans les conditions les plus proches possibles
de la réalité et avoir une image fidèle
du paramétrage existant. A ce stade se posent tout de
même plusieurs questions :
* Comment réduire
au maximum l’espace disque requis tout en
...déployant toujours plus
d’environnements différents ?
* Comment rafraîchir périodiquement les données
de test ?
* Comment garantir la confidentialité de ces données
issues de la
...production ?
Rassurons-nous, toutes ces
questions trouvent à ce jour aisément leurs réponses
grâce à de l’outillage ou à des procédure
internes.
Lorsque ces changements sont validés, se
pose alors la problématique de leur transposition dans
les environnements de production. Et là que se passe-t-il
?
On peut compter dans le meilleur des cas sur les éventuelles
fonctions d’import/export du progiciel. Des développements
spécifiques pourront également être développés
pour tenter d’automatiser, mais la majeure partie du temps,
cette transposition s’effectue par une ressaisie manuelle.
Sachant que des études ont montré que la fiabilité
humaine est de l’ordre de 1 pour 100, on voit là
encore la nécessité de « blinder »
ses procédures. Tendre vers une démarche automatisée
est salutaire, c’est le seul moyen d’être
à la fois productif et sécurisé.
On ne peut pas parler de cette problématique
sans parler de l’automatisation de l’activité
de test. Le niveau de test est fonction du niveau de fiabilité
requis ou toléré. C’est une activité
qui coûte cher et qui a tendance à constituer un
goulot d’étranglement dans la réactivité
des adaptations. Il existe de nombreux outils sur le marché
qui apportent des réponses concrètes dans ce domaine.
Le récent rachat par HP du leader, Mercury Interactive,
montre à quel point cet outillage est devenu hautement
stratégique pour bon nombre d’entreprises. Il est
vrai que quand on voit le niveau d’automatisme proposé,
notamment par les outils de scénarios de tests, on ne
peut être que séduit. Mais sont-ils vraiment efficaces
? Eh bien là encore, la réussite dans l’utilisation
de ce type de produit dépendra très fortement
de la rigueur de votre organisation.
Mettre en place une organisation rigoureuse est
avant tout affaire de bon sens et de pragmatisme. Cette démarche
n’est cependant pas toujours, il faut bien le reconnaître,
dans les gènes de notre culture latine, beaucoup moins
adaptée à s’enfermer dans des carcans considérés
par beaucoup comme un peu trop rigides. Cependant, dans ce monde
de plus en plus globalisé qui réclame toujours
plus de sécurité et de fiabilité, il est
bien nécessaire de s’adapter. Et puis, un peu de
rigueur n’a jamais fait de mal à personne.
Une organisation repose sur de la méthodologie et un
bon outillage. Un outillage parfaitement approprié à
votre contexte technique et parfaitement accepté par
la majorité de votre équipe. Je dis « majorité
» car il est utopique d’essayer d’obtenir
l’unanimité dans une démarche outillée.
Vous pouvez être certain que vous trouverez au sein de
votre organisation un irréductible gaulois pour s’opposer
à cette démarche avec des arguments plus ou moins
solides. Là, ce sont nos gènes Gaulois qui jouent.
Ces évolutions d’organisations sont
passionnantes. Elles mettent en jeu des facteurs aussi bien
techniques qu’humains. Certes le chemin est parsemé
d’embûches mais il nous entraîne tout droit
dans le XXI ème siècle, l’ère de
l’industrialisation des métiers de l’informatique.
Par Philippe MAGNE,
PDG de ARCAD Software
pmagne@arcadsoftware.com
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