IBM
et l'Open Source : 'La période d'évangélisation
est terminée'
Michel Lara, évangéliste
Linux et Open Source d'IBM, évoque le positionnement
et la stratégie du géant de l'informatique
Solutions Linux et Open
Source 2007
Sur la plupart de ses marchés, IBM propose
à la fois des produits propriétaires et leurs
alternative open source. Pourquoi ?
"Les deux ne sont pas concurrents. Nous avons
fait le choix fondamental il y a dix ans de s'appuyer sur des
standards et sur des briques open source. Nous n'avons pas investi
dans des technologies propriétaires aussi par notre mode
de distribution indirecte. Nous préférons agréger
les solutions partenaires via des standards ouverts."
"Au travers de notre modèle économique,
on donne énormément à à l'open source,
voyez Eclipse. Beaucoup de choses sont depuis devenues des commodités
pour nos clients, alors nous les avons offertes à nos
clients.Et IBM a été un visionnaire sur le service,
qui est devenu le modèle de l'open source."
Pourtant vous ne cessez de réaliser
des acquisitions dans le logiciel !
"Nous complétons notre offre. Et puis
nous gagnons ainsi des parts de marchés sur lesquels
la croissance n'est pourtant pas extraordinaire. Nous renforçons
également l'activité de nos acquisitions. Regardez
Rational."
"Les acquisitions sont aussi importantes au
niveau des ressources humaines, qui nous apportent de nouvelles
compétences. IBM est passé maître dans l'art
délicat de l'intégration avec une dimension humaine.
Du sang neuf, des compétences humaines, c'est une force
terrible."
"Nous intégrons également nos
acquisitions dans notre écosystème partenarial.
Nos partenaires peuvent vendre les solutions IBM, ce qui dynamise
le marché pour les deux."
Et votre mission d'évangéliste
?
"L'expression 'évangéliste'
a disparu aujourd'hui de ma carte de visite ! Le discours a
changé, avec le déploiement de Linux, la consolidation
des serveurs, la verticalisation, le débat n'est plus
sur l'adoption, mais plutôt aujourd'hui sur comment améliorer
mes solutions Linux et open source ?"
"Et nous constatons le passage sur le déploiement
d'applications verticales, ERP, CRM... Nous déployons
aujourd'hui des solutions, mais plus d'infrastructures."
"Dans les universités, la question
n'est plus 'Qu'est-ce que Linux ?', mais 'Quels sont les modèles
économiques ?', ou encore 'Comment gagner de l'argent
et se faire recruter ?'. A ce propos, IBM est un gros recruteur."
Quelles tendances percevez-vous dans l'open
source ?
"La première tendance est très
nettement sur le poste de travail. Nous l'avons constaté
sur Lotus Sphere, avec Lotus Notes 7 et son client Linux sur
Eclipse. Lotus Notes 8, qui sera disponible fin 2007, apportera
de nouveaux outils collaboratifs, du couplage avec des solutions
CRM. Et nous somme coopétiteurs avec Microsoft."
"La seconde tendance sur les applications
verticales, CRM, ERP, et leur implication sur les infrastructures."
"La dernière tendance est liée
au poste de travail 'banalisé', avec des applications
de type portails accessibles via un navigateur Web. C'est le
cas dans les banques avec le poste agence. Nous apportons un
TCO très faible, et une administration centralisée
tant pour les accès que pour les mises à jour."
Client riche ou client léger ?
"IBM se positionne entre les deux. Nous préconisons
le meilleur des deux mondes."
Et la virtualisation ?
"C'est un axe de travail fort. Nous avons
à ce sujet un gros partenariat avec Xen et Novell. Mais
IBM y travaille depuis des années et dispose d'une avance
terrible grâce à la virtualisation sur la couche
du firmware, que nous complétons d'outils de monitoring
pour agréger à chaud les paramètres du
serv eur."
"Nous sommes déjà dans la virtualisation
totale du bladecenter qui permet d'atteindre un taux d'utilisation
des machines de l'ordre de 70 %. Linux s'adapte très
bien sur les couches de virtualisation natives. C'est un axe
d'investissement fort pour IBM et présent sur toutes
nos offres, avec une granulosité nettement supérieure
à celle de nos concurrents."
"Dans l'avenir la virtualisation évoluera
vers une banalisation totale. Quant au poste de travail virtuel,
aujourd'hui il vaut mieux adopter le 'dual boot' plutôt
la virtualisation, c'est plus confortable, et aussi plus rapide."
Quelle tendance voyez-vous pour le futur
?
"Nous allons renforcer notre écosystème
avec nos partenaires Linux et open source. En France, nous profitons
de la volonté politique de développer l'open source,
que ce soit en approche territoriale, locale ou dans la santé.
"
"Et puis, l'open source est un facteur de
croissance et de créations d'emplois. Avec une vraie
volonté d'y aller. Mais on a encore besoin de développer
le support et le service, c'est pourquoi nous voulons développer
le partenariat en rappelant que nos partenaires revendent le
service et le conseil IBM."
"Il faudra aussi compter sur Linux dans l'éducation,
dans les écoles, les lycées, les universités.
Nous assistons à l'arrivée de gens formés..."
Source : t1 2007 http://www.silicon.fr/